Plein d'enfants remplis d'énergie, et pouf une blanche qui passe. Au début les caïds se permettaient quelques "eh la blanche!" en suivant le modèle de leurs grands frères en ville. Et puis, comme je passe régulièrement, les "la blanche!" se sont multipliés. Jusqu'à l'autre jour où ils ont été tellement nombreux que tous les enfants de l'école ont fini par se soulever et à crier en coeur "la blanche! la blanche! la blanche!". Bon, la cour de récréation étant assez vaste, et moi étant dans un état de ras-le-bol d'être la blanche, de tout mon corps, toute mon âme, j'ai crié "les noirs, ca va??" et là les enfants de s'exciter de plus belle, mais entre eux cette fois, pfiou!
Le soir, en passant devant les maisons du quartier, on entend une petite fille raconter chez elle que le matin la blanche a dit: "Les noirs, comment ca va?". Rigolo!
Moins rigolo, maintenant chaque fois que je passe devant l'école, les enfants recommencent en espérant reproduire la même scène...
Les regards braqués sur mon passage, les "kss kss", "la blanche", "la white", "la mekat" sont pesants. Je ne regarde jamais les gens dans la rue, ni à l'hôpital même, car les regards sont trop pesants. C'est une habitude qu'on prend très vite, dès les premièrs jours!
Ce qui fait beaucoup de bien aujourd'hui, ce sont les enfants qui viennent me saluer. C'est tout nouveau; lorsque je marche en ville, parfois un enfant vient me tirer la manche sans que je le voie arriver, et me dit avec un large sourire: "bonjour"... là j'oublie tout le reste...